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18 janvier 2016 Commentaire (0) Vues: 294 Cinéma, Critiques

Les Huit Salopards : la huitième merveille du Tarantino

« T’façon, Tarantino, si t’as pas fait polytechnique, t’y comprends rien », s’esclaffe une voisine de siège lors d’une projection. Véridique.

Qu’un sourire légèrement mesquin illumine nos faces de pauvres mortels n’ayant suivi qu’une scolarité banale. Et que le rouge nous viennent aux joues, quand nous constatons, flattés, que même sans avoir étudié la mécanique quantique et autres principes variationnels, nous comprenons voire nous apprécions la filmographie de Quentin Tarantino. Cependant, peut-être la comprenons-nous mal, considérant qu’une élite de critique a lynché ce huitième Tarantino alors que le film fait un tabac auprès des « non-polytechniciens ».

© SN

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Signé Quentin Tarantino

Pourtant, je n’en démordrai pas, Les Huit Salopards apparaît digne de la lignée tarantinesque. Certes, Tarantino possède la capacité assez embêtante de barrer la route à toute once d’objectivité, sur moi du moins. Sans même avoir lu synopsis ou critique, je fonce, tête baissée, et ressors des étoiles plein les yeux. Ainsi, face à ceux qui reprochent à Quentin Tarantino de faire trop de Quentin Tarantino, se dresse un débat compliqué. A partir de quel seuil une marque de fabrique, une signature, se mue-t-elle en un manque d’originalité ?

Oui, Quentin Tarantino tue systématiquement ses personnages, avec une abondance de sang, d’effets spéciaux gores et autres maquillages trash. Oui, Quentin Tarantino a la gâchette, ou le sabre, facile. Mais n’est-ce pas cette ambiance que l’on recherche en décidant d’aller voir l’un de ses films ? Des personnages grossiers, vulgaires, de la chaire et des plaies ouvertes ?

Un huis clos électrisé

Il peut être concevable que ces personnages-ci soient parmi les pires. Insensibles, quasi-inhumains, mais portés par des acteurs époustouflants. Samuel L. Jackson (Major Marquis Warren) qui nous ressert avec splendeur des tirades furieuses et Walton Goggins (Chris Mannix) qui détonne avec un jeu farfelu. Faite de répliques acides, la première partie est plutôt lente, Tarantino contextualise en douceur, il prend le temps de poser son cadre. Sur fond de guerre de Sécession et de racisme ambiant, au milieu des vastes landes enneigées du Wyoming, l’intrigue se dessine, lascivement. Progressivement, la cadence s’intensifie, épaulée par une habile manipulation de la chronologie des scènes, avec quelques flashbacks notamment.

© SND

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Une fois séquestrés, les protagonistes atteignent rapidement le paroxysme d’un suspens jouissif. Les Huit Salopards nous sert un huis clos électrisé, plus de quatorze ans après Réservoir Dogs. Il suffit d’imaginer pour deviner, huit salopards dont une détenue, deux chasseurs de primes, un bourreau ou encore un shérif tout juste nommé, enfermés dans une mercerie à cause du blizzard. Il suffit d’imaginer pour deviner. Pourtant, rien n’est devinable, les rebondissements s’enchaînent avec brio, jusqu’au bain de sang final. Croyez-le ou non, il s’agit bien d’une happy end.

Je ne m’épancherai pas à propos de la bande son, encore une fois formidable, raison pour laquelle Ennio Morricone, qui a composé les musiques des Huit Salopards, a été nominé aux Oscars. Comme quoi, un Bac+8 et des notions d’anatomie ne sont pas nécessaires pour apprécier un Tarantino, rien qu’une sensibilité musicale suffit.

★★★★

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