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21 mars 2015 Commentaire (0) Vues: 700 Cinéma, Critiques

Big Eyes : le désenchantement de Burton

Synopsis :

Big Eyes narre l’histoire vraie de l’une des plus grandes impostures du monde de l’art. Fin des années 50, le peintre Walter Keane connaît un succès phénoménal. Il contre la mode de l’époque qui est à la peinture moderne et révolutionne le commerce de l’art avec ses tableaux d’enfants aux yeux immenses. Cependant, quelques années plus tard, la vérité éclate : ces toiles ne sont pas l’oeuvre de Walter mais de sa femme, Margaret.

Critique : 

Mais où est passé Burton l’enchanteur ? L’homme aux contes merveilleux, aux récits extraordinaires, à la patte unique ? L’univers de Tim Burton a longtemps été imprégné d’une aura singulière : dès qu’il frappait une oeuvre de sa signature, le peuple accourait. Imaginaires et imagés, ses mondes étaient loufoques, sculptés à force de folie et c’est sans grand mal qu’ils nous expulsaient vers un rêve lucide. Atmosphères sombres et personnages burlesques, tons mornes et pigments acidulés, le réalisateur cultivait une dualité incroyable, qui nous garantissait frissons et délectations.

Dans Big Eyes, il ne reste de l’art burtonien que des couleurs exubérantes, du bleu chloré, du vert émeraude, du rose guimauve. Ne restent que ces couleurs donc, et quelques morceaux de démence, maigrement émiettés et insuffisamment parsemés. Margaret Keane (Amy Adams) se perd dans son travail jusqu’à confondre tableaux et réalité, jusqu’à voir les passants et la caissière avec d’énormes yeux « en pancakes ». Un début de divagation intéressant, une aliénation à la Burton – épaulée par les jolies lamentations de Lana Del Rey – mais une aliénation qui n’est que trop peu étoffée.

Le reste du temps, le film est plutôt fade, assez lent, plombé par le sentimentalisme de Madame Keane et l’instauration d’un rapport de force conjugal peu subtil. Le déroulement, les rebondissements et le dénouement sont malheureusement bien trop prévisibles.

 

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Une fois de plus, Tim Burton offre une oeuvre dénuée de la délicieuse saveur de ses films d’autrefois. En effet, malgré ses débuts excellentissimes (Beetlejuice, Edward aux mains d’argent…), le réalisateur a rapidement réfréné ses ardeurs avec des productions au formatage hollywoodien, Dark Shadows et Alice aux pays des merveilles inclus.

Mais le film n’est pas entièrement condamnable, décevant certes, mais pas douloureux à regarder pour autant. Le plongeon dans l’Amérique des fifties est réussi, coupes gonflées pour ces dames, costumes trois pièces pour ces messieurs, difficile voire impossible émancipation pour ces dames et domination décomplexée pour ces messieurs… Amy Adams joue d’ailleurs parfaitement son rôle d’épouse passivement oppressée, si bien qu’elle en devient agaçante. Quant à Christoph Waltz, il est fabuleux en Walter Keane beau-parleur, son sourire respire l’arnaque et sa plaidoirie schizophrénique (scène de fin) nous arrache volontairement des gloussements. Enfin, la réflexion sur la perception de l’art dans la société est tout-à-fait remarquable, oscillant entre businessmen opportunistes et badauds frivoles, entre critiques qui décident de la mode et galeristes qui la relaient… Remarquable, mais pas salvatrice.

Big Eyes est donc une oeuvre terre-à-terre et rigoureuse, les nostalgiques de l’après-guerre devraient y trouver leur compte, mais les fervents admirateurs de Tim Burton, eux, n’y trouveront aucun conte.

★★★☆☆

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