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13 novembre 2014 Commentaire (0) Vues: 1392 Cinéma, TV

Comment Scarlett Johansson est devenue l’actrice de l’année

Les gants sont de rigueur, les nuits tombent à 17h et les calendriers de l’avent commencent à envahir les rayons : pas de doute, les fêtes de fin d’année approchent. Et avec elles, l’heure du bilan. Bilan d’une année entière de cinéma. Tout à la fois riche, variée et décevante, 2014 a divisé. Quoi qu’il en pense, quiconque dressera son bilan ne pourra passer à côté d’une actrice : Scarlett Johansson.

Les articles, interviews et dossiers à son égard n’ont pas manqué dernièrement (successivement Vanity Fair, Studio Ciné Live, Première…) et nous ne donnerons donc pas dans l’originalité à travers ce papier. Mais pourquoi cet engouement si soudain ? Premièrement, côté hexagonal, car l’actrice s’est installée à Paris en 2012. Ce qui n’a – naturellement – pas manqué d’alimenter les titres de la presse people. Mais, sans doute excédée par l’alarmisme ambiant franco-français (on la comprend un peu), la toute jeune maman a récemment déclaré vouloir quitter la capitale, ne manquant pas de nous tacler au passage (en janvier 2014, sur le plateau de The Late Show with David Letterman) : « Au début, je pensais que le mauvais caractère des français était un cliché, je trouvais les gens merveilleux. Et puis ils ont réalisé que j’étais là pour rester, et qu’ils pouvaient être grossiers avec moi. Je viens de New York, où les gens ont une vraie chorégraphie dans la rue, on évite de bousculer les autres. A Paris, j’ai l’impression d’être dans une ville provinciale, où les gens ne savent pas marcher, et me rentrent tout le temps dedans. Donc maintenant, je commence à devenir très agressive avec les gens, et je m’en fiche ! » Et bim.

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La donnée – pourtant essentielle – que tout le monde semble oublier là-dedans, c’est que « ScarJo » continue d’alimenter sa carrière. Et quelle carrière ! En 2014, on a ainsi pu la voir (sur nos écrans français) pas moins d’une demi-douzaine de fois ! Rendez-vous compte : en un an, elle est tour à tour apparue dans Don Jon (sorti en toute fin d’année 2013), Her, Captain America : le Soldat de l’Hiver, Under the Skin, Lucy, puis #Chef. Six films en un an. Soit un calendrier plus que plein pour une Hollywood girl. Quatre de ses rôles-là sont essentiels et constituent une direction de carrière tout à fait réfléchie. Explications.

Dans Don Jon : le fantasme contemporain ultime

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Sans doute l’un des films les plus sous-estimés de 2013. Trop percutant pour une grande majorité de spectateurs, la première réalisation du talentueux Joseph Gordon-Levitt n’a pas convaincu grand monde, et c’est un tort. Chef d’œuvre, Don Jon n’en est pas un, évidemment, mais son ingéniosité réside dans ce choix audacieux de renvoyer dos à dos les deux héros du film, Jon et Barbara. L’un, macho, viril, accro au porno plus qu’au sexe et l’autre, stéréotype féminin à la plastique superbe, accro aux comédies romantiques bas de gamme ; tous deux sont enfermés dans leurs visions respectives de la réalité, totalement tronquée par le monde d’apparences qu’ils se sont construits à travers leurs outils respectifs (Internet ou le cinéma, joli clin d’œil). D’où la cassure, inévitable – mais incompréhensible aux yeux du spectateur qui s’attendait (au vu du choix discutable de la promo) à une romcom moderne mais pas trop – entre les deux protagonistes. C’est dans cette audacieuse parabole de la société américaine trentenaire que Scarlett s’illustre parfaitement, pour ce qui constitue sans doute son rôle le plus sensuel depuis le somptueux Match Point (2005), incarnant parfaitement sa dualité d’objet de désir irrésistible autant que de pimbêche insupportable. Si Don Jon est aussi séduisant, il le doit au moins pour moitié à Scarlett.

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Dans Her : la tendresse invisible

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Tarantino avait publiquement réclamé qu’on lui attribue l’Oscar de la meilleure actrice pour sa prestation dans Her. Pourtant, à l’écran, Scarlett n’apparaît pas une seule fois. Et pour cause : elle joue une voix. Un OS plus précisément. Comprenez Operating System, une version surdéveloppée de votre Siri. Elle devient alors la partenaire, invisible et attachante de Theodore Twombly, mélancolique au grand cœur, campé ici par Joaquin Phoenix. Si le pitch a de quoi intriguer (un type qui sort avec son logiciel, ah ouais quand même), le film est un petit bijou : on l’écrivait déjà dans notre critique détaillée ici. Mais ce qui frappe plus que tout dans Her, c’est la toute-puissance de cette voix rauque et élégante, enchanteresse et suave. L’actrice n’a plus besoin que d’une présence métonymique (la voix pour l’être) pour susciter le désir. C’est bien là le tour de force du film : la rendre vivante, incarnée, présente, en bref comme nous. D’où ce propos formidable : a-t-on vraiment besoin d’une représentation corporelle pour tomber amoureux ? L’expérience – au final – n’est-elle pas toujours la même ? C’est le tournant le plus décisif de sa carrière : absente à l’écran, elle est devenue la femme la plus fantasmée et la plus inaccessible au monde.

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Dans Under the Skin : l’extra-terrestre apathique

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Une extra-terrestre qui se balade à travers l’Ecosse profonde pour bouffer des hommes. Voilà encore un rôle atypique. Pur produit d’auteur à la narration difforme, cherchant constamment à créer le malaise, le film est, lui aussi, une réussite totale : « expérience sensorielle unique, Under The Skin est assurément l’une des plus belles fables cinématographiques contemporaines, tout autant qu’elle est l’une des plus simples. » écrivait-on ainsi dans notre critique. Mais c’est aussi à ce moment-là que l’on saisit clairement l’aspiration de la femme (et non de l’actrice) Johansson : déconstruire totalement son image de symbole sexuel. Au fil du récit, elle s’humanise, devient peu à peu homme, se découvre (nue) mais renvoie aussi aux pires états de l’humain. Froide, apathique et tout sauf sexy (cheveux noirs courts, vêtements sommaires…), elle offre des séquences abstraites et métaphysiques rares, complétées par des musiques démentielles. Pas de doute : Under the Skin, est son rôle le plus terrifiant.

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Dans Lucy : le cerveau sur pattes

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Carton de l’été, notamment en Chine, Lucy a été violemment critiqué de toutes parts. De notre côté, on a, certes, noté l’absence de propos philosophique digne de ce nom, mais reconnu le film d’action grand public, plutôt réussi, lui. Cette fois, Scarlett est un cerveau sur pattes, passant progressivement d’étudiante lambda aux 10% de capacités cérébrales à génie illuminé aux 99% de parts du cerveau utilisés. Soyons clair : elle porte le film à bout de bras, et nous offre un pur moment d’humanité, la plus belle scène du film, lorsqu’elle appelle sa mère pour la prévenir de son état. Revenue à un statut plus mainstream, elle explose aux yeux de tous comme femme fatale, tueuse à gages, puis clé USB. C’en est quasiment ironique : l’actrice de l’année, omniprésente jusque-là, finit sur le support amovible le plus utilisé au monde. Ne serait-elle finalement qu’un mirage ?

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Après ses passages chez Coppola (Lost in Translation), Nolan (Le Prestige) et surtout Allen (Match Point, Scoop, Vicky Cristina Barcelona) celle qui a débuté avec Robert Redford dans L’Homme qui murmurait à l’oreille des chevaux vient de boucler l’année la plus riche de sa carrière. Non sans brio, elle a démontré au monde entier qu’elle pouvait tout interpréter (on attend peut-être de la voir en personnage un peu plus torturé, seul rôle qui lui manque vraiment). Prochainement à l’affiche de la suite  d’Avengers (et d’un film en solo sur Black Widow ?), du Livre de la Jungle de Jon Favreau et de sa première série télé, la déesse semble ne pas vouloir s’arrêter en si bon chemin. Tant mieux car à l’heure actuelle, Scarlett Johansson est l’actrice la plus fascinante qu’il nous soit permis d’admirer dans une salle de cinéma.

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