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22 décembre 2014 Commentaire (0) Vues: 737 Cinéma, Critiques

[CRITIQUE] Le Hobbit : la Bataille des Cinq Armées

Synopsis

Atteignant enfin la Montagne Solitaire, Thorin et les Nains, aidés par Bilbon le Hobbit, ont réussi à récupérer leur royaume et leur trésor. Mais ils ont également réveillé le dragon Smaug qui déchaîne désormais sa colère sur les habitants de Lac-ville. A présent, les Nains, les Elfes, les Humains mais aussi les Wrags et les Orques menés par le Nécromancien, convoitent les richesses de la Montagne Solitaire. La bataille des cinq armées est imminente et Bilbon est le seul à pouvoir unir ses amis contre les puissances obscures de Sauron.

Critique

Il y a, dans cette trilogie du Hobbit, une constante, irrévocable, sacralisée, comme une donnée irrémédiable, laquelle serait-on forcé de supporter, presque sagement : la longueur. Pas seulement celle des versions longues, d’une moyenne de trois heures, et disponibles uniquement une fois la sortie DVD, mais plus globalement celle des films présentés au moment de leur sortie, et dont le faible support, intitulé « intrigue », bien qu’étiré dans tous les sens, n’aura jamais légitimé l’adaptation en trilogie.

Ce troisième volet ne déroge pas à la règle : là encore, très peu de substance, mais beaucoup de personnages, et autant de sous-intrigues à exploiter. Sauf qu’ici, aucune ne le mérite, tant l’enjeu paraît faible. Exemple le plus frappant à cet égard : le personnage d’Alfrid, insupportable, peu drôle et inutile, et qui souffrait déjà du même symptôme dans La Désolation de Smaug. Smaug, qui constituait d’ailleurs un personnage éclatant, au traitement numérique impeccable, objet de l’immense climax du précédent film, se retrouve ici expédié en quinze minutes et une séance de tir à l’arc assez ridicule. Une fois cet épisode acté, la grande bataille peut donc commencer.

THE HOBBIT: THE DESOLATION OF SMAUG

Problème est – et il est majeur pour un film de siège – que cet affrontement n’aura jamais rien d’épique, la faute à un affreux montage au bulldozer, ne permettant jamais aux scènes de se répondre les unes aux autres, et qu’au bout d’une demi-heure de gameplay façon jeu vidéo, l’on sature déjà. Redondante et poussive, suivre l’avancée concrète des événements devient quasi-impossible tant ces histoires de dynastie, de familles et de royaumes laissent le spectateur totalement en dehors du récit, désespéré de constater que Peter Jackson n’a jamais été aussi performant que lorsqu’il filmait de long plans larges aériens, des décors de cartes postales éblouissants, ou bien de courtes séquences de grandiloquence visuelle, telles des mouvements de cinéma très amples et un brin désuets, notamment le simple déploiement des armées.

Seulement, les nombres et les positions de ces armées laissent la désagréable impression de varier au gré des besoins d’un scénario bien trop peu abouti. Il y a aussi cette incapacité à faire de Bilbon le personnage principal d’une saga (qui se nomme quand même Le Hobbit) qui ne lui laisse ni le temps ni l’espace (c’est un immense paradoxe) de se construire en tant que tel, comme condamné à demeurer banale sous-intrigue de son propre film. Inhérent au même ennui, les autres personnages, aussi profonds que ceux du Labyrinthe, ne permettent jamais de laisser déborder l’émotion voulue en fin de film.

THE HOBBIT: THE BATTLE OF THE FIVE ARMIES

Car oui : insuffler de l’émotion après avoir usé et abusé de toutes les bastons pendant plus d’une heure et demi : voilà le défi (manqué, bien entendu) que s’est lancé le réalisateur, décidément incapable de dire adieu à une saga qu’il aura charcuté dans tous les sens. Et ce n’est ni la romance ronflante entre Tauriel et Kili ni la niaiserie des décisions des personnages qui ne viendront contredire l’indubitable constat : ce Hobbit-là est sans doute le moins réussi des trois.

Avec des décors et des visuels somptueux, mais une intrigue affreusement découpée, exploitée n’importe comment, et surtout, pour le spectateur, l’impression d’être resté 6 mois dans son siège, Peter Jackson conclut sa deuxième trilogie en plein marasme et sonne l’adieu à sa Terre du Milieu. Il était temps.

★☆☆☆☆

Consultez la critique sur le blog personnel de l’auteur : http://critikapab.blogspot.fr/

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