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Ces acteurs posent dans leur meilleur rôle

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26 décembre 2014 Commentaire (0) Vues: 709 Cinéma, Critiques

[CRITIQUE] Whiplash

Synopsis

Andrew, 19 ans, rêve de devenir l’un des meilleurs batteurs de jazz de sa génération. Mais la concurrence est rude au conservatoire de Manhattan où il s’entraîne avec acharnement. Il a pour objectif d’intégrer le fleuron des orchestres dirigé par Terence Fletcher, professeur féroce et intraitable. Lorsque celui-ci le repère enfin, Andrew se lance, sous sa direction, dans la quête de l’excellence…

Critique

Claustrophobes s’abstenir : Whiplash se déroule entre quatre murs. Physiquement, ceux du (très austère) conservatoire de Manhattan. Tacitement, ceux que les visages des deux protagonistes, l’élève et le maître, renvoient. En réalité, l’avertissement est donné avant même que la première image n’apparaisse : les vibrations de la batterie d’Andrew sont prédominants, et ici, c’est la musique qui rythme la mise en scène, et non l’inverse. Il en sera ainsi pendant une heure quarante-cinq.

Miles Teller, déjà épatant dans The Spectacular Now, joue donc cet Andrew Neyman, motivé par sa seul passion, solitaire, amoureux mais surtout doté d’un talent fou, qui n’explosera que beaucoup plus tard dans le film. À peine le temps d’introduire Melissa Benoist que déjà, l’arrivée du maître Terence Fletcher, campé par un formidable J.K. Simmons, lui donne une autre dimension. Celle du duel, passionné, acharné, déchaîné.

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Certaines critiques ont vanté la dimension psychologique de Whiplash mais c’est un contresens, au vu de la transe dans laquelle est constamment plongée Andrew. Si tout provient sans doute de son esprit, l’exaltation, elle, survient de ses muscles, de ses veines, de sa chair. En l’occurrence principalement les mains, dont émanent une allégorie à peine voilée aux nombreux sacrifices qu’il va devoir supporter, en premier lieu sa vie sociale. Mais, au-delà de la privation d’avoir une copine, c’est bien le questionnement sur ces méthodes extrêmes qui intéresse le jeune Damien Chazelle, toute son audace résidant dans la non-réponse qu’il donne : point de morale ici, simplement un constat, et une liberté pour le spectateur de choisir.

Un temps, l’on se dit qu’il y manque peut-être un quart d’heure de plus, une attache un peu plus profonde aux scènes consacrées à la sphère familiale, une réplique supplémentaire sur le fameux « Va-t-on retrouver les stars d’hier ? », mais finalement, face à cette géniale seconde partie – éprouvante et où le spectateur sue et saigne comme l’acteur, littéralement habité – l’on constate que rien de tout cela ne lui aurait rendu service. Et c’est avec cette fiévreuse scène finale – sans doute l’une des plus belles de l’année -, une seule note et un sourire que se conclue cette pépite de fin d’année, tel un coup de maître.

Aucun éloge particulier ne rendrait service à Whiplash, tant il se ressent viscéralement plus qu’il ne se commente explicitement. Porté par un tandem d’acteurs exceptionnel, il n’est jamais plus fabuleux que lorsque, enfin, le temps d’une demi-seconde finale, le duel laisse place au duo.

★★★★☆

Consultez la critique sur le blog personnel de l’auteur : http://critikapab.blogspot.fr/

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