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14 avril 2015 Commentaire (0) Vues: 746 Cinéma, Critiques

Lost River : la beauté post-apocalyptique

Synopsis :

Dans une ville décrépie et mourante, Billy, mère célibataire de deux enfants, fait face à des difficultés financières. Soucieuse de continuer à nourrir ses fils, elle accepte un travail sombre et macabre. Pendant ce temps, Bones, son fils aîné, écume la cité abandonnée afin d’y trouver du cuivre, de quoi subvenir un peu plus aux besoins de la famille…

Critique :

Exit la belle gueule de Ryan Gosling.

Beaucoup seront déçus d’apprendre que le séduisant blond est resté derrière l’objectif pour réaliser son premier film, Lost River. Instinctivement, les aprioris pleuvent, on doute du talent protéiforme de l’homme, il est bon acteur et devrait peut-être se contenter de ce(s) rôle(s). Ou peut-être pas, puisque sa première réalisation est étonnamment réussie. Ryan Gosling nous offre une oeuvre graphique, à l’esthétisme poussé et à l’essence qui semble davantage contemplative que narrative.

Evidemment, en bon élève, Ryan respecte les nécessités narratives du film. C’est d’une manière académique, qu’il structure son oeuvre, Bones (Iain De Caestecker), adolescent altruiste ayant le sens du sacrifice, s’oppose à Bully, brute en Anglais, (Matt Smith) un maniaque des ciseaux, sans oublier Rat (Saoirse Ronan), jolie demoiselle éperdue que chacun se dispute. Quant à Billy la matriarche, interprétée par la superbe Christina Hendricks, elle suit son chemin, comme un personnage à la fois central et périphérique. Elle nous plonge involontairement dans le macabre, nous ouvrant les portes d’une antre du gore et du sanguinolent : un club aux inspirations freak show dirigé par l’étrange Cat (Eva Mendès).

Ces personnages sont symboliques, quasi-allégoriques, représentant chacun un trait moral et s’opposant en un manichéisme rudimentaire. C’est donc une comptine que chantonne Ryan Gosling, enfantine et limpide : il était une fois le gentil Bones qui souhaitait pallier aux difficultés pécuniaires de sa tendre mère, le gentil Bones part alors en quête de cuivre afin de le revendre, mais attention, le méchant Bully le traque de son flair de jeune loup. Limpide, vous dit-on. L’oeuvre de Gosling repose sur une armature solide certes, mais très scolaire et pas vraiment téméraire. L’histoire est lisse, si lisse qu’elle nous laisse quelque peu sur notre faim.

 

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Si le fond reste à peaufiner, la forme, quant à elle, est tout bonnement éblouissante. Ryan Gosling  nous propose son regard, son univers joliment inspiré de David Lynch entre autre, et nos yeux en ressortent plein d’étoiles. Les plans sont longs et sculpturaux, les travellings sont langoureux et les scènes magnifiées. Pigmenté voire acidulé, Lost River est électrifié par des couleurs façon néon et une bande son électro pop réalisée par Chromatics. C’est une oeuvre graphique faite de délires visuels et d’extase auditive, une oeuvre plutôt de l’ordre du sensible que de l’ordre du rationnel.

Si l’on évoque ici les sens plutôt que la raison, c’est parce que la force majeure du film repose dans la suggestivité de ses images. Ryan Gosling n’impose rien mais invite à l’interprétation. Ainsi, ce qui apparaît initialement comme le paysage post-apocalyptique d’une ville abandonnée, se mue rapidement en un archipel d’émotions. En effet, Lost River n’est pas seulement une ville déchue, Lost River incarne la nostalgie d’une prospérité perdue, la mélancolie de ceux qui restent et le fatalisme de ceux qui resteront. Cat n’est pas qu’une performeuse qui assouvit un voyeurisme morbide, Cat incarne l’espoir des gens qui ont beaucoup perdu (crise des subprimes en cause), la jubilation de ceux qui s’ennuient, le répit de ceux qui ne rient plus. Faute de jouer avec la force des mots et le pouvoir de la narration, Gosling laisse l’image parler d’elle-même, avec tout ce qu’elle contient de communicatif et d’historié. 

Lost River outrepasse parfois la contemplation pour donner à interpréter, cependant il reste principalement esthétique. Ainsi, Ryan Gosling reste un scénariste perfectible, mais c’est un plasticien hors pair qui a su régaler nos pupilles.

★★★½

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