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[CRITIQUE] Gone Girl

Infographie : quelques faits sur les films d’horreur

15 octobre 2014 Commentaire (0) Vues: 746 Cinéma, Midnight Movies

Midnight Movies : Massacre à la Tronçonneuse

À l’occasion de la sortie du film culte de Tobe Hooper en version restaurée : Massacre à la Tronçonneuse, Melting Mag a souhaité livrer sa critique sur ce chef-d’oeuvre de satire politique et sociale. Suites, remakes, rien ne pourra remplacer le choc que fut le film original à sa sortie en 1974, et aujourd’hui encore il est de loin le plus terrifiant et éprouvant du genre.

 

Naissance du survival ou la peur agoraphobique

 

Ouvrir le film sur la phrase « ceci est inspiré de faits réels » n’était pas tout à fait vrai. En effet, l’histoire de Massacre à la Tronçonneuse a en réalité été inspiré d’un fait divers qui a traumatisé l’Amérique en 1957 : les meurtres d’Ed Gein (le bonhomme tua sa mère et l’on découvrit de nombreux autres cadavres de femmes, membres éparpillés et objets faits en peau humaine dans toute sa maison). Une histoire tellement sordide qu’elle inspira un maître du genre bien avant Tobe Hooper : Alfred Hitchcock, et son personnage de Norman Bates dans Psychose.

Cependant, c’est bien la réalité de la situation qui fait peur. Nous sommes en 1973, la guerre du Vietnam se finira deux ans plus tard et l’Amérique est alors abreuvée d’images de violence au quotidien. Exit, les films d’épouvante européens et leur atmosphère claustrophobique, un nouveau genre lié à l’environnement naturel du pays nait alors : le survival.

La peur du redneck démontre à quel point la notion de civilisation est fragile dans un pays dont la géographie démesurée et la précarité sociale ont pour conséquence la mise à l’écart d’une partie de ses habitants. Une menace latente semble donc tapie à l’intérieur du pays, engendrée par la société elle-même.

Le film raconte la tragédie d’un groupe de jeunes vacanciers, tombants aux mains meurtrières d’une bande de texans dégénérés. Le drame de cette famille, anciens ouvriers d’abattoirs aujourd’hui fermés, est le suivant : la difficulté à brûler un trop-plein d’énergie (autrement dit de violence).

Avant, c’était facile, il y avait des abattoirs et des centaines de bêtes à tuer. Mais aujourd’hui, sans travail, dépourvus de bovins à occire, cloîtrés dans un espace tombeau, répétant depuis des années les mêmes gestes, Leatherface (le fils autiste et tronçonneur) et sa famille consument cette énergie comme ils peuvent. Ils profanent des tombes, tuent des animaux, fabriquent des objets macabres. L’arrivée des vacanciers va tout accélérer. La symbolique de cette énergie et de violence est d’ailleurs présentée après le meurtre de la première jeune fille par Leatherface où l’on voit s’enchaîner les images du visage de la victime déformée par la douleur à celles d’une éolienne en train de tourner sous un soleil écrasant.

On est aussi frappé de plein fouet par la violence du film également en raison de l’absence de musique, l’absence de dialogue (venant du bourreau Leatherface) qui appuie le côté réaliste de la mise en scène. Cette absence vient aussi contraster avec le dernier quart d’heure du film, tout en cris, de l’héroïne qui tente de s’échapper. Une épreuve dont on ne sort pas indemne.

 

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