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31 octobre 2015 Commentaire (0) Vues: 413 Cinéma, Critiques

Regression : Alejandro Amenábar démystifié

Synopsis : Plongée dans le Minnesota des années 1990, sur les pas de l’inspecteur Bruce Kenner qui enquête sur un crime aux allures de rituel satanique dont a été victime la jeune Angela. A l’aide d’un psychologue, Dr Raines, et de son étrange thérapie de régression, Bruce Kenner tente de percer le mystère d’un crime dont l’écho terrifie tout le pays. 

La bande annonce de Regression, sorti le 18 octobre 2015 dans les salles, séduit. Atmosphère noire, intrigue plus noire encore et Emma Watson. Trois piliers qui pourraient établir l’œuvre comme le meilleur thriller de l’année. Et pourtant, la réalité diffère des espérances. Critique.

L’obsession du rationalisme…

Alejandro Amenábar est un réalisateur qui a les pieds sur terre. Alejandro Amenábar est un réalisateur qui a une réponse à tous les mystères. Au sommet de son art, il démembre le fantasme fantomatique dans Les Autres, oeuvre aux multiples récompenses portée par l’incroyable interprétation de Nicole Kidman.

© Universal Pictures International Spain

© Universal Pictures International Spain

Avec son dernier film Regression, Amenábar s’inspire de faits réels et conspue le mythe des rituels sataniques du Minnesota et la vague de peur qui a suivi dans l’Amérique des années 1990. L’intrigue intéresse, digne héritière de la première saison de True Détective et de la fascination  générale pour le satanisme et le pentagramme. Dans Regression, le réalisateur d’Agora met en lumière la psychanalyse de l’époque, d’une manière assez paradoxale, pour dénoncer l’hystérie collective qui a longtemps rongé l’Amérique et la nécrose encore aujourd’hui. En témoignent la Peur Rouge des années 1950 ou encore la stigmatisation de « l’axe du mal » par Bush fils après l’attaque terroriste du 11 Septembre. Amenábar propose ainsi un regard critique sur les croyances  américaines populaires et leur pouvoir de suggestion voire de « contamination ». Sur le papier, ce synopsis promet, pourtant sa réalisation est décevante.

…qui s’incarne dans un film scolaire. 

D’un sujet apriori intelligent, ne résulte qu’un film léger. Amenábar ne fait qu’effleurer la surface de l’intrigue, sans jamais en explorer la profondeur et en appréhender la complexité. Le casting est pourtant bon, Emma Watson, Ethan Hawke, David Thewlis (…), mais les dialogues tombent à plat, trop surfaits, trop stéréotypés.

© Universal Pictures International Spain

© Universal Pictures International Spain

Des clichés, parlons-en. Dans Regression, il y a la pluie lourde du Minnesota et la pluie lourde de clichés. La névrose satanique est illustrée par des murmures angoissants, des individus blanchâtres aux capuches noires, de longs couteaux à sacrifice… Que dire encore, du téléphone qui sonne et, à son bout, un souffle rauque et menaçant ? Que dire des coupures de courant intempestives toujours accompagnées d’une mélodie anxiogène ? En résumé, c’est un amas d’effets superficiels, vus et revus, qui ne se démarquent en rien des séries B et coulent un film à la bonne intention. La majorité du film, le début en particulier, est traînant, loin du thriller qui tient en haleine. Quant au dénouement, il est intéressant quoique prévisible, comme beaucoup des rebondissement de Regression.

Certes, Alejandro Amenábar souligne un juste point : le scepticisme nous a toujours fait du bien, il a toujours concouru au progrès de nos sociétés. Mais à trop être rationaliste, ne perdons-nous pas une grande part de notre créativité ?

★★ 1/2

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