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Seul sur Mars, un Robinson Crusoé des temps modernes

5 novembre 2015 Commentaire (0) Vues: 304 Cinéma, Critiques

The Lobster : une contre-utopie cynique et brillante

Lauréat du prix du jury au Festival de Cannes de 2015, The Lobster d’Yorgos Lanthimos peut se targuer de mériter la récompense. Pourtant, il est difficile à commenter. Indicible car c’est une oeuvre surréaliste unique, dont notre esprit ressort dérouté. Critique.

 

Blâmer avec insolence

The Lobster, littéralement « le homard » en français, propose une plongée dans une société irréelle et dystopique qui constitue une parodie cynique de notre système sociétal. Un système qui se plaît à catégoriser les hommes, à les étiqueter frénétiquement. Le monde réductionniste de Lanthimos outrepasse la complexité des personnalités et les restreint à des caractéristiques, les personnages n’ayant pas de prénom mais des surnoms, « la femme aux petits gâteaux », « l’homme qui zozote », « la femme sans coeur », et à une situation matrimoniale, en couple ou solitaire. Et visiblement, mieux vaut être en couple.

 

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© Haut et Court

 

L’essence de l’oeuvre repose en une absurdité filée, les couples se forment exclusivement sur la base de points communs complètement tordus : saignements de nez réguliers, myopie avérée, don pour le chant ou encore psychopathie en puissance… Et, plus saugrenu encore, ceux qui ne parviennent pas à s’amouracher sont tout simplement transformés en animal par Olivia Colman (remarquée dans Broadchurch) et son équipe.

Malgré d’incontestables progrès, notre société considère toujours les éternels célibataires d’un drôle d’oeil, souvent méfiant. Yorgos Lanthimos condamne ces normes collectives avec un élégant cynisme, allant jusqu’à déshumaniser les solitaires, qui sont traqués dans la forêt à la manière de gibiers.

 

Du sarcasme jubilatoire 

Cependant, ce film n’est pas une apologie de la solitude, le réalisateur de Canine dessine une société où tout est illusoire, l’amour comme l’isolement, et comme la liberté surtout. Les personnages, joyeux pantins dont Yorgos Lanthimos tire les ficelles avec sadisme, sont séquestrés par de fausses existences aux faux-choix : dans la ville tyrannique, ils ne peuvent être seuls, dans la colonie de solitaires, ils ne peuvent être à deux. Invivable.

Le récit de The Lobster effraie, pourtant l’oeuvre nous extirpe des éclats de rire, nerveux pour la plupart. Les relations sont calculées et calculatrices, et l’exécution est si bien menée que la spontanéité semble également échapper aux dialogues. Les répliques sont saccadées, parfois vides de sens et souvent exquises, récitées à la manière de robots. Plus drôles encore, les minutes durant lesquelles ces personnages-automates perdent le contrôle, ce qui engendrent des scènes assez hallucinantes (on pense ici à l’interminable séquence du baiser-langoureux-sur-canapé). Esthétiquement, rien n’est à redire, la bande sonore notamment (de Beethoven à Nick Cave en passant par Kylie Minogue…) sublime des images déjà superbes.

 

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© Haut et Court

 

Seul point négatif, The Lobster s’essouffle sur la durée et perd de son intensité avec une seconde partie presque superflue. Malgré la langueur, malgré la longueur, on ne peut s’empêcher de rester attentif, fasciné par une prophétie douteuse qui pourrait, qui sait, se réaliser.

★★★★

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